1870 : Bry est bombardée par des obus français

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Afin de protéger la population et laisser le champ libre à l’artillerie française installée dans les forts ceinturant Paris, des ordres furent donnés pour évacuer les villages de banlieue, dont Bry. Afin d’isoler la capitale et empêcher la traversée des troupes prussiennes, on veilla également à faire sauter certains ponts. C’est ainsi que le 13 septembre, l’armée française procéda à la destruction du pont suspendu de Bry. Le 17 septembre, des soldats originaires du Wurtemberg investirent la commune désertée par ses habitants, l’autre rive de la Marne étant tenue par l’armée française. Occupé par les Wurtembergeois, le village de Bry fut immédiatement pris sous le feu des puissants canons du fort de Nogent-sur-Marne.

Refugié à Paris avec la plupart de ses concitoyens bryards, le maire Adrien Mentienne, accompagné de ses adjoints, se rendit régulièrement au fort de Nogent, au cours de l’automne 1870, pour observer son village à la lunette marine. De là, il put constater, dès le 26 septembre, les nombreux dégâts causés par l’artillerie française. Il consigna toutes ses observations dans un registre communal emmené avec lui à Paris, sous le titre Procès-verbal et rapport relatifs à l’incendie de plusieurs maisons de Bry-sur-Marne par les obus lancés du fort de Nogent pendant le siège de Paris par les Prussiens.

Ce fut sans doute pour sauvegarder les droits de la commune et de ses administrés qu’Adrien Mentienne (qui pensait peut-être déjà aux futures réparations que l’Etat aurait à payer après la guerre) prit soin de signaler toutes les propriétés détruites par des obus français, sans engagement militaire avec l’ennemi. Pour certifier ses observations, il veilla à faire signer tous ses rapports par différents témoins présents au fort de Nogent, ainsi que par le maire de Nogent, André Pontier.

Document 1 (12 octobre 1870).
Document 1 (12 octobre 1870).
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Le premier rapport présenté ici, daté du 12 octobre 1870, concerne l’ancien presbytère communal, jadis situé à l’emplacement de l’actuel orphelinat Bache (2 rue du 136e de Ligne), ainsi que la maison des dames de Sainte Clotilde, c’est-à-dire l’ancienne demeure de Louis Daguerre, vendue en 1854 par la veuve de Daguerre aux religieuses de Sainte-Clotilde. Le deuxième rapport (22 novembre 1870) évoque quant à lui la destruction par le feu du château de Bry-sur-Marne, possédé en 1870 par le chocolatier François Devinck.

Document 2 (12 novembre 1870).
Document 2 (12 novembre 1870).
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L’incendie du château a précédé de quelques jours la violente bataille de Bry, Champigny et Villiers (30 novembre et 2 décembre 1870), qui vit l’échec des troupes françaises à rompre le cercle de fer que les Prussiens avaient formé autour de Paris. Les Bryards ne purent retourner dans leur foyer qu’à partir de février 1871, à la fin du conflit. Ils découvrirent un village ruiné, qu’il fallait presque entièrement reconstruire. Plus de trois cents dossiers de dommages de guerre furent déposés après la guerre par les propriétaires sinistrés.

Le château de Bry après l'incendie de novembre 1870.
Le château de Bry après l’incendie de novembre 1870.
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