1902 : la vitesse des automobiles est limitée à 12 km/h dans la Grande Rue !

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A la fin du XIXe siècle, les premières automobiles firent irruption dans le paysage parisien, suscitant assez rapidement la méfiance des autorités et d’une partie de la population. Objets de multiples critiques, ces véhicules à moteur étaient accusés de constituer un danger pour les autres usagers de la route, de dégrader les chaussées, de provoquer des nuages de poussière et même d’effrayer les chevaux !

Automobile place de la mairie
Automobile place de la mairie
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Afin de contrôler et d’encadrer l’utilisation de ce nouveau moyen de locomotion, le préfet de Police de Paris Louis Lépine promulgua dès le 14 août 1893, pour la toute première fois en France, une ordonnance règlementant « le fonctionnement et la circulation, sur la voie publique, dans Paris et dans le ressort de la Préfecture de Police, des véhicules à moteur mécanique. » Devant l’amplification du phénomène automobile, le gouvernement prit à son tour, le 10 mars 1899, un décret applicable à tout le territoire national et qui jeta les bases de notre Code de la route actuel. Parmi ses différentes dispositions, ce décret prévoyait notamment que la vitesse autorisée ne devait pas excéder 30 km/h en rase campagne et 20 km/h dans les agglomérations.

Autour de 1900, la commune de Bry était traversée par la route départementale n° 20 (aujourd’hui D120) qui se dirigeait vers Noisy-le-Grand, depuis le pont de Bry, par la Grande Rue et l’avenue Georges Clemenceau. Cet axe particulièrement fréquenté était emprunté par une ligne de tramway exploitée par la compagnie des Chemins de fer nogentais. La traversée de la principale rue de la commune, la Grande Rue, était alors particulièrement dangereuse, en raison de l’animation locale, de la présence de voitures hippomobiles, du passage des tramways, de l’exiguïté de la rue et des nombreux lacets qu’elle formait.

Ayant constaté que les automobilistes ne respectaient pas les limitations de vitesse fixées par la règlementation et redoutant des accidents, le maire de Bry Eugène Duhamel (maire de 1896 à 1904) prit le 26 août 1902 un arrêté réglementant pour la première fois la circulation automobile sur le territoire communal. Méfiant vis-à-vis de l’automobile, il fixa par mesure de sécurité une limitation plus stricte que celle prévue par le décret du 10 mars 1899, imposant aux automobilistes de ne pas dépasser dans la Grande Rue la vitesse de 12km/h, soit à peine la vitesse d’un cheval au trot !

L’arrêté prévoyait également l’installation de panneaux indicateurs, qui firent leur apparition pour la première fois dans le paysage routier bryard. Il confiait enfin aux agents municipaux assermentés le soin de constater les infractions. On peut s’interroger sur les moyens dont disposaient ces agents pour mesurer la vitesse des véhicules, à une époque où les radars n’existaient pas et où les automobiles n’étaient même pas équipées de compteur. Le constat d’excès de vitesse devait sans doute être laissé à la libre appréciation des agents qui évaluaient approximativement, au jugé, la vitesse des automobiles. On peut imaginer les nombreuses contestations que cela a dû susciter !

Arrêté réglementant pour la première fois la circulation automobile sur le territoire communal (page 1)
Arrêté réglementant pour la première fois la circulation automobile sur le territoire communal (page 1)
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Arrêté réglementant pour la première fois la circulation automobile sur le territoire communal (page 2)
Arrêté réglementant pour la première fois la circulation automobile sur le territoire communal (page 2)
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